ça plane pour moi !

Suite de mon parcours. Fin 2020 : voyage en avion et vertiges

MON PARCOURS

Virginie

2/5/20263 min read

De 2003 à 2020, j’ai vécu ma vie quotidienne avec ces quelques vertiges positionnels paroxystiques bénins, avec mes problèmes de ponts, d’autoroutes, de montagne… Mais je ne voyais pas ça comme une entrave. Et puis, après tout, on m’avait bien dit que je n’avais rien donc pourquoi en douter et surtout pourquoi continuer à voir des spécialistes. J’ai donc vécu des années avec des troubles vestibulaires sans chercher à y remédier, et sans réellement m'en apercevoir.

J’avais bien repris quelques séances d’orthoptiste car je sentais bien que ça ne tournait toujours pas rond (ou plutôt ça tournait toujours un peu trop) : obligée de m’arrêter sur le bord d’une route en allant en travail et de demander à mes collègues de venir me chercher… obligée d’éviter les grandes routes droites, avec les petites portions à deux voies. Mais j’étais tellement habituée à trouver des solutions, à contourner le problème, que cette réduction de mon champ d’action n’était pas plus inquiétante que ça pour moi.

Mon cerveau s’était adapté, au prix d’un évitement permanent, mais sans que j’en aie vraiment conscience.

Tout a changé fin décembre 2020.

Ma copine d’enfance qui habite près de Toulouse sortait de 6 mois de chimio. On avait décidé de fêter la fin de son traitement ensemble et d’anticiper la célébration de la nouvelle année : année de renouveau ?

J’avais peu de temps devant moi. En 48h, du 28 au 30 décembre 2020, je devais faire l’aller-retour à Toulouse.

Au lieu de faire les 8 heures de train habituelles, je décide de prendre l’avion, que je n’avais pas pris depuis 13 ans. A l’aller, le voyage en avion n’est pas très agréable. Nous subissons quelques secousses liées au temps. Pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude de ce mode de transport, ce n’est pas particulièrement rassurant. A cet instant, je n'imagine même pas que l'avion peut avoir un impact sur le fonctionnement de mon oreille interne. Je pense surtout à préserver mes oreilles, pour éviter qu'elles se bouchent. Je remue ma mâchoire, j'ouvre ma bouche.

A peine arrivée à Toulouse, que je dois déjà repartir. Lors du trajet retour en avion, le pilote commence à accélérer sur la piste pour prendre son envol puis freine très brusquement juste avant de décoller… cinq minutes plus tard, le pilote nous informe qu’il y avait un problème sur l’avion, mais que ce n’est plus le cas, donc on peut décoller. Tout le monde rit jaune dans la cabine, car on se demande comment un problème matériel peut être si vite résolu. Mais l'avion finit par prendre son envol sans difficulté. Le voyage n’est pas plus agréable qu'a l'aller, voire pire. Je suis très tendue. Ma voisine, une inconnue, essaye de me rassurer tout le long du trajet d’1h30. J’atterris saine et sauve à l’aéroport de Nantes.

Je rentre en voiture jusque chez moi. Une heure de route. Je sens qu’il y a un problème. J'ai l'impression que je plane encore. Je l’attribue à l’avion mais je me dis que cela va passer. Cela m'arrive aussi parfois après un long voyage en train, je me crois encore entrain de rouler alors que je suis dans mon lit ! Et habituellement, tout rentre très vite dans l'ordre.

Je rentre chez moi, je m’allonge dans le canapé. Je me sens mal. Le lendemain, c’est toujours la même chose : je tangue. J’annule mes plans pour le 31 décembre et je reste couchée. Je n’arrive quasiment plus à me déplacer, même dans la maison.

Va commencer pour moi, une longue période aux enfers, qui durera jusqu’à début 2022.

Je pense que je prends conscience à ce moment-là seulement que mes problèmes vestibulaires sont toujours restés bien présents toutes ces années, et que ce que j'ai pris finalement pour une "simple" angoisse, pour le développement de phobies, était lié à un système vestibulaire instable.